Entre tradition & modernité
L'Inde, ce n'est ni les buildings modernes de Gurgaon, ni uniquement les petits métiers de la rue...
Oui, l'Inde est en déficit énergétique, oui certaines productions polluent énormément, oui il y a pas mal de masses de déchets en plein air, dans la rue...
MAIS l'Inde développe aussi des techniques agraires évitant l'usage des pesticides, elle développe les énergies renouvellables...
le 14/12/2007 à 0h09 par Nina Casal
L'Inde est souvent décrite comme l’une des économies les plus polluantes de la planète. A l’occasion du sommet sur le réchauffement climatique qui se tient à Bali, le pays est sous le feu de la critique. Mais l'Occident oublie que l’Inde est aussi l'un des pays en pointe dans le domaine des énergies renouvelables, et plus précisément des éoliennes.
Les participants à la conférence de Bali sur le réchauffement climatique, qui se tient du 3 au 14 décembre, exercent une pression constante sur l'Inde pour qu'elle trouve le moyen de générer une croissance économique plus propre. Forte de plus de 8 % par an, celle-ci menace de faiblir si le pays ne trouve pas rapidement des sources d'énergie alternatives efficaces. Pour l'heure, l'essentiel du pétrole de l'Inde est importé et plus de la moitié de son électricité vient des centrales thermiques à charbon. Les pays développés pressent le gouvernement indien de respecter les mesures du protocole de Kyoto, l'accusant d'être le 4ème émetteur mondial de CO2.
L'Inde refuse cependant de changer trop radicalement ses modes de production. Le ministre délégué aux sources d'énergie nouvelles au sein du Gouvernement central considère que "les exigences sont trop fortes pour des pays en voie de développement, qui tentent de maintenir leur croissance économique tout en voulant réduire la pauvreté". Le pays fait face à un grave manque d'électricité, un déficit énergétique qui nuit au monde des affaires et à l'industrie. L'Etat indien le plus industrialisé, le Maharastra, est confronté à un déficit de quelques 4 000 MW par mois, ce qui l'oblige à des coupures de courant de 4 à 8 heures par jour.
Mais l'Inde n'est pas à à la traîne dans le domaine des énergies renouvelables. Elles représentent 7% de la capacité indienne installée, et il s'agit pour la grande majorité d'énergie éolienne. Le remarquable développement du secteur tient principalement au travail de Tulsi Tanti, président de Suzlon Energy, la plus grande société indienne d'énergie éolienne. Gêné par les coupures de courant qui l'empêchaient de faire fonctionner ses usines textiles dans les années 1990, il a investi dans des éoliennes et il a très vite réalisé les bénéfices qu'il pouvait en tirer. Sa société est devenue pionnière dans le domaine.
L'éolien a également bénéficié de l'engagement de certains Etats indiens se fixant l'objectif de produire 10 % d'énergie renouvelable. "Au Tamil Nadu, l'année dernière, le ministère du Textile a accepté d'inclure les parcs d'éoliennes dans son programme de financement des travaux de modernisation. Il prend en charge 5 % du taux d'intérêt sur les capitaux empruntés pour moderniser les fabriques de textiles. Plusieurs usines de cet Etat ont ainsi pu installer des parcs d'éoliennes", explique Kalpana Sharma, journaliste du quotidien The Hindu à Mumbai.
Selon l'Association indienne de l'énergie éolienne (Indian wind energy association), au rythme actuel de construction de parcs d'éoliennes dans le pays, la capacité passera de 3 595 MW actuellement à plus de 5 000 MW dans moins de deux ans.
