Bangalore, l'interdiction de danser, suite...
le 4/5/2008 à 23h28 par Nina Casal_aujourdhuilinde
29 avril 2008. Une trentaine de personnes se sont retrouvées dans une rue de Bangalore, pour participer à une flash mob. Une manière originale et très tendance de protester contre la remise au goût du jour d’une loi des années 1960, interdisant aux gens de danser dans les lieux où l’on sert de l’alcool.
Cela paraît totalement incroyable. À Bangalore, les gens n'ont pas le droit de se déhancher sur de la musique dans les bars et les boîtes de nuit qui servent autre chose que de la limonade… Cette loi promulguée par l'État du Karnataka, en 1967, est de nouveau appliquée. Ressusciter ce texte d'une autre époque permet au gouvernement de fermer des établissements illégaux et pas très catholiques...
Mais pas de chance pour les bars et les boîtes de nuit classiques. Ils se retrouvent visés eux aussi. "La loi nous autorise à arrêter les propriétaires des clubs et bars s'ils laissent leurs clients danser", explique un officier de police. Amar, un client régulier des discothèques de Bangalore raconte que "le seul moyen pour eux de s'en sortir consiste à payer des pots de vin, mais seuls les grands clubs peuvent se le permettre".
La jeunesse de cette grande ville du Sud de l'Inde déplore cette situation qui n'a aucun sens. Yoshit, une jeune fille de 23 ans qui sortait régulièrement en boîte raconte qu' "aujourd'hui, on ne va plus en boîte pour danser, mais pour boire un verre. Si on a le malheur d'agiter la tête ou le bout de son pied en rythme avec la musique, un vigile nous tape immédiatement sur l'épaule en nous demandant de stopper". Un comble pour Bangalore, connue en Inde pour sa vie nocturne animée et ses bars et boîtes branchés.
C'est pourquoi une poignée de jeunes de Bangalore viennent de participer à une flash mob, ces manifestations éclair où les gens s'immobilisent quelques instants. 17h55 ce 29 avril : une trentaine de personnes sont rassemblées devant Mota royal arcade sur Brigade Road. Elles s'accoutrent de lunettes de soleil noires et ajustent leurs MP3 sur une musique sur laquelle elles aiment danser. Puis elles se mettent à se trémousser. 45 secondes plus tard, elles s'immobilisent telles des statues, peu importe le regard des gens. Au bout de 30 secondes, elles repartent comme elles sont venues.
En deux minutes seulement, ces trente personnes ont montré de façon non agressive leur mécontentement contre cette loi d'antan. "Une loi d'autant plus stupide que le réflexe normal quand on entend de la musique, c'est de danser" déclare Johana Barretto, organisatrice de la flash mob. "Nous avons donc choisi de protester. Nous n'espérons pas faire changer d'avis le gouvernement tout de suite, mais nos actions prennent de l'ampleur. Nous avons été couverts médiatiquement et des gens qui ont vu notre flash mob m'ont contacté pour connaître les prochains évènements" ajoute-t-elle.
Quand on sait que des bars et des discothèques ouvrent tous les jours en Inde, cette loi semble encore plus anachronique. Même l'État de Delhi a récemment prolongé l'heure d'ouverture des malls et des restaurants jusqu'à 11h du soir !
