Tout est relatif

Publié le par Geraldine

L'article d'Aujourd'huilinde ci-dessous au sujet du Assam m'inspire quelques réflexions...

Tout comme le Tibet dont les média on peu abordé le sujet pendant des années, on ne parle que très rarement voire jamais des tensions dans cette région de l'Inde... Pourtant, il y a aussi du terrorisme et des morts innocents dûs à ce groupe radical.

Pourquoi les média n'en parlent pas ?
Apparemment, il n'y a pas assez de matière pour faire du sensationnalisme avec ce sujet... Malgré le nombre de morts...

Bref, les média ne couvrent pas tous les événements dans le monde. Ils choisissent ceux qui permettent de monter une grosse histoire qui peut s'envenimer et alimenter leurs reportages. Cependant beaucoup d'autres régions du monde sont en proie à l'insécurité; beaucoup de peuples vivent les tensions, la famine etc...

Nous, Français, sommes très chanceux et devrions être heureux chaque jour de la situation confortable dans laquelle nous vivons !



Front Uni de Libération de l'Assam : Histoire d'une guérilla

le 27/3/2008 à 3h51  par Emil Sinclair

L'ULFA, le plus puissant des mouvements insurrectionnels de l'Assam, revendique l'indépendance de cet Etat du nord-est. Le recours à la violence aveugle affecte cependant la population civile qui espère depuis des années un retour à la normale. Zoom sur l'histoire de cette organisation très particulière.

 

"Les attentats? On n'y fait plus attention, il y en a chaque semaine, ils font partie de notre quotidien", raconte un habitant de Guwahati, capitale de l'Assam. Un récent bilan (1) a fait état de 3 246 morts causés par des violences depuis 2001, dont 1 417 civils tués par les mouvements extrémistes. Le Front uni de libération de l'Assam (ULFA) est le plus important d'entre eux. Cette organisation, considérée comme terroriste par New Delhi, réclame l'indépendance de l'Etat et prétend mener une guerre de libération contre la "colonisation indienne" (2).

Le mécontentement diffus de la population à l'égard du gouvernement indien a permis à l'ULFA, créé en 1979, de se développer. "A cette époque les Assamais avaient le sentiment d'être des citoyens indiens de seconde zone", explique un avocat à la retraite. Coupé du reste de l'Inde, le Nord-est était laissé à l'écart des grands projets de développement industriel de l'époque Nehru pour des raisons de sécurité (3). Mais c'est aussi sur l'hostilité croissante des Assamais "de souche" à l'égard de l'immigration illégale des Bengalis que l'ULFA a fait son nid. Son premier noyau dur de militants a été constitué par une jeunesse déçue par New Delhi, éduquée mais sans perspectives, et soucieuse de défendre l'identité assamaise.

Jusqu'en 1986 l'ULFA est un mouvement dormant. Il recrute et forme plusieurs milliers de militants, s'approvisionne en armes et établit des camps d'entrainements. Pour se financer, le front recourt aux extorsions de fonds, notamment auprès des propriétaires de Tea Garden, les célèbres plantations de thé d'Assam. Ces derniers doivent aujourd'hui encore compter avec la guérilla, en témoigne l'assassinat de l'un d'entre eux le 15 mars 2008 (4). De 1985 à 1990, l'ULFA établit des liens étroits avec l'Assam Gana Parishad, le parti au pouvoir. Ses partisans sont nombreux, son influence énorme. L'ULFA est un mouvement radical mais respecté et dont les leaders s'expriment souvent publiquement. "A la fin de la décennie, c'était un véritable Etat dans l'Etat", explique Bhaskar Ren, journaliste pour le quotidien assamais The Sentinel. L'incapacité du gouvernement de l'Assam à contenir l'ULFA et l'activité croissante du mouvement inquiètent le gouvernement indien qui se décide à intervenir après une série d'assassinats politiques.

En 1990, New Delhi, estimant que le gouvernement d'Assam n'a pas été capable de remplir son rôle, décide d'administrer directement la province en utilisant la disposition constitutionnelle du "President rule". L'ULFA est interdit et d'importantes opérations militaires sont lancées pour démanteler le front. Cette situation nouvelle va entraîner la radicalisation de l'organisation : attaques contre les forces de sécurité, destructions d'infrastructures. enlèvements. La situation a beaucoup évolué depuis : l'intervention de l'armée indienne ainsi que la politique de réhabilitation des guérilléros qui rendent les armes ont beaucoup affaibli l'ULFA. S'il continue à recruter dans les campagnes et possède encore de solides assisses au Bangladesh et en Birmanie (5), la mystique romantique et révolutionnaire qui existait à la création du mouvement a fait long feu.

En 2004, l'UFLA reconnaît pour la première fois sa responsabilité dans des attentats à la bombe visant des civils (6). Ses cibles principales sont les "étrangers", les indiens non-assamais fraîchement arrivés. Mais l'utilisation aveugle de la violence, épuise le crédit de l'organisation auprès d'une population lasse des violences. "L'immense majorité des Assamais veut aujourd'hui vivre en paix et si l'ULFA fait encore l'actualité, beaucoup pensent qu'il appartient désormais au passé", explique une étudiante de l'université de Guwahati. A 22 ans, elle a "toujours connu l'ULFA" et, comme beaucoup d'autres, "aimerait que tout cela cesse enfin".

Les négociations de paix entamées entre le gouvernement et l'ULFA en 2006 n'ont pas abouti. Pour Bhaskar Ren, "le conflit devrait se résoudre par la voie politique plutôt que militaire. S'il dure, c'est aussi parce que d'un côté comme de l'autre, il n'y a pas vraiment de volonté d'y mettre fin". En attendant, le sang continue de couler en Assam. "Tout ce qu'on peut faire, explique Namesh, un commerçant, c'est de continuer à vivre normalement, comme on l'a d'ailleurs toujours fait." Quelques jours auparavant, une bombe avait explosé à deux rues de son échoppe.



Publicité

Publié dans geraldineinindia

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article