Rebondissements... !
Bon, j'ai failli abandonner ce blog pour la énième fois car j'ai l'impression d'écrire mon journal pour moi-même et je doute parfois de l'intérêt de mes propos... (même si les stats de fréquentation sont plutôt bonnes!)
Cependant, devant l'enthousiasme de mon ancienne chef Hélène que j'ai vu hier (merci Hélène pour ton soutien;-) ), je me dis que je vais continuer à raconter ma vie qui, il est vrai, est un vrai feuilleton... ! Ma vie est pleine de rebondissements ! Avec moi, pas besoin de regarder Sex and the city, Nip Tuck ou autre, il suffit de me téléphoner ou me lire ici pour avoir des tonnes d'histoires... C'est mieux que la télévision puisque mes histoires sont vécues et racontées avec toute l'émotion que peuvent me susciter les événements ! Ne pensez-vous pas, que c'est mieux ?
Bref, tout ce laius pour dire qu'après ma première visite à l'ambassade mardi dernier, le mercredi 6 juin au soir (c'est pour mieux suivre -surtout Nicolas a souvent des problèmes avec les dates ;-) ) je téléphone à mon CEO en déplacement aux US pour lui mettre la pression et obtenir le dernier papier qui est une lettre certifiant que l'entreprise couvrira les frais de rapatriement si besoin est. Il me rappelle une heure après. Pour me dire que tout ça ce sont beaucoup de responsabilités pour une start-up d'un an et qu'après avoir traversé des difficultés financières - et mon salaire étant le plus gros de la boîte - ils n'ont plus les moyens de m'embaucher. Lui demandant s'il ne pouvait pas me le dire avant de rentrer à Paris, il répond qu'il est désolé... DESOLE ! Mais qu'est-ce que j'en ai à faire alors que je suis maintenant coincée à Paris avec non seulement mon appart' à Paris + affaires + tout l'administratif & l'appart' à Delhi avec mes affaires, de l'argent...etc !!! De plus mon visa touriste expire mi-août...
J'oubliais... Ironie du sort, le mardi devant l'ambassade, je finissais de lire un livre sur l'Inde... Et l'auteur explique dans un des derniers chapitres que les entrepreneurs indiens pensent souvent à court-terme et que leurs décisions changent très vite et assez radicalement selon le contexte, selon ce qu'il peut arriver dans l'environnement de l'entreprise... Et le lendemain, le CEO qui m'annonce qu'il change son business plan !!! Incroyable !
Je suis revenue au point de départ ! Il me faut tout recommencer. Les démarches etc... Le tout avec les profonds et désagréables sentiments de honte, d'échec, de fatigue, lassitude...
Moi qui avait réussit à prouver à toute ma famille que j'avais raison d'y croire et que j'avais réussi alors que personne ne croyait en moi (dans la famille), me voilà dans l'obligation de communiquer que je dois tout recommencer. Et pas seulement la famille, auprès des amis en France, en Inde... Pfffffffff........
Enfin. Le guerrier qui tombe de son cheval doit se remettre en selle de suite. Ce que je fais en renvoyant mon CV aux contacts de mon réseau. Un par un. Comme dirait Sumedh, si c'est arrivé, c'est qu'il y a forcément une bonne raison à cela. Une raison que l'on ne connaît pas de suite ou que l'on ne connaîtra peut-être jamais d'ailleurs... Je ne sais pas à quoi la vie me prépare mais parfois je me demande à quel événement énorme je suis préparée pour avoir à faire face à toutes ces épreuves !
Me voilà donc bien déterminée à y retourner et à obtenir un job même meilleur que celui que j'avais obtenu. Dans les bonnes nouvelles d'ailleurs, les VIE sont de nouveau à l'ordre du jour en Inde... ;-) ! Et tant qu'à faire, je me dit que je ne dois pas me fermer à l'idée de créer une entreprise et que je dois considérer la question sérieusement. Après tout, au pire, je saurais comment monter une boîte en Inde. Que du positif donc.
De plus, ma famille proche me soutient maintenant: ma mère m'a même encouragé à laisser tomber l'appart' de Paris !!! WOW ! Ca, c'est une marque de confiance ! ;-)
On me demandera aussi pourquoi tant de persévérance, de détermination à vouloir aller en Inde ? Surtout que je suis la première à dire que l'adaptation est difficile...
Les raisons sont nombreuses:
"La difficulté de réussir ne fait qu'ajouter à la nécessité d'entreprendre", Beaumarchais.
Je suis convaincue de l'accroissement des relations commerciales entre la France et l'Inde. Travailler en Inde, c'est comprendre les méthodes de travail des indiens: c'est passionnant et cela pourra me servir par la suite dans d'autres entreprises. C'est une porte ouverte vers l'avenir.
Ce que j'aime aussi, c'est cette véritable énergie positive en Inde: tout est possible. Les gens y croient et se concentrent sur les solutions pour atteindre leurs objectifs plutôt que sur les contraintes, les difficultés qui feront que ça pourrait ne pas fonctionner et qui incitent à ne rien entreprendre puisque c'est si difficile et presque impossible (mentalité très française).
J'ai tant à apprendre sur moi-même: apprendre à être plus patiente, relativiser...
Sur les indiens: méthodes de travail, culture, religions, les arts, la spiritualité, le yoga (j'hésite dans quelle catégorie le placer alors je l'ai mis à part)...
Sur l'Inde: voyager, découvrir le pays et se servir de l'Inde comme base vers l'Asie...
Je suis sûre que j'oublie des points positifs. Alors, oui vivre en Inde c'est vivre d'une façon très différente et ça a des côtés très, très galère. Cependant l'expérience, l'enrichissement que j'en retire est bien plus immense. C'est la raison pour laquelle il me semble nécessaire que j'y retourne, que je persévère. L'Inde est un pays qui se mérite.
Bien des hommes d'affaires ont fait fortune et ont été ruinés plusieurs fois.
J'ai perdu une épreuve mais pas le challenge. / I lost a competition but not the challenge.