L'Inde côté ombre, l'Inde des femmes...
Le problème est tellement vaste et diffus qu'il a de quoi effrayer. Tous les indicateurs sur la situation des femmes montrent une dégradation de leur condition au cours des dernières années. Les crimes à leur égard ont augmenté. En 2006, 53 femmes ont été violées chaque jour en moyenne; soit 3 501 cas de plus qu' en 2005 selon les statistiques du National crime records bureau qui estime en outre que 71 % de ses crimes ne sont pas dénoncés.
Cette situation ne se limite pas à l'Inde rurale, où les femmes sont plus particulièrement touchées par les violences de castes. Les grandes villes enregistrent des records de criminalité, et connaissent un genre de crimes nouveau. Le dernier fait divers repris en Une de tous les grands médias nationaux concernait deux jeunes filles très brutalement molestées par 70 hommes qui ont collectivement "pété un plomb" à la sortie d'une discothèque, le soir du nouvel an, à Juhu, un quartier branché de Bombay. Un fait divers qui a interpellé médias et sociologues : le harcèlement et la violence envers les femmes dans les grandes villes s'expliquerait par le refus des hommes venus de tous les milieux sociaux, empreints de valeurs traditionnelles, d'accepter le nouveau statut des femmes et leur présence dans des lieux qui leur étaient d'habitude réservés.
Les femmes indiennes évolueraient donc dans une société patriarcale, machiste et violente. Le cercle vicieux se referme avec un système policier en lequel elles n'ont pas confiance et pour cause : la National commission for women dénonce le harcèlement subi dans les postes de polices et affirment que 5 % des plaintes qu'elle reçoit concernent des agressions policières.
Le combat associatif continue, en espérant que le gouvernement prenne la mesure du problème et fasse de la condition des femmes une priorité. Le blog Blank Noise est un exemple d'initiative civile pour discuter et dénoncer le harcèlement quotidien dans le pays. Depuis 2003, des volontaires tentent de faire comprendre aux hommes et aux femmes que "la violence sexuelle de rue" (3) est anormale, le tout avec beaucoup d'originalité et d'humour. Sur ce site, "deviens une action hero en racontant comment tu as su faire face au harcèlement quotidien".
(1)Le World economic forum (Forum économique mondial) rend un rapport annuel sur l'écart entre les sexes (Global gender gap). En 2007, la Suède était en première position. La France se classe à la 51ème place, une mauvaise position qui s'explique par les disparités entre hommes et femmes au travail. Pour plus d'informations, consulter le site internet du Forum : cliquer ici
(2)La dot est une somme d'argent que la femme doit verser à sa belle famille au moment du mariage. Cette pratique ancestrale a été abolie en 1961 par le Dowry Prohibition Act, mais elle n'a pas disparu. Si le montant de la dot est jugé insuffisant, un conflit peut éclater avec la belle famille, menant parfois à l'agression ou au meurtre de la femme mariée. Les cas de femmes battues, brûlées ou assassinées pour des affaires de dot sont fréquemment relayés par les médias.
(3)Blank Noise parle de "eve teasing" : les regards, attouchements et autres harcèlements quotidiens auxquels font face les femmes. Un harcèlement souvent considéré comme normal et sans conséquences. Découvrir le blog de Blank Noise en anglais : cliquer ici
Commentaires et Pensées…
Afin d'alimenter la version soutenue ci-dessus par l'article et parce que ce blog est anti langue de bois, j'ajoute une donnée importante pour toute femme occidentale voulant s'installer à New Delhi:
Les femmes blanches sont considérées pour beaucoup comme des "white bitch". (là encore, je ne souhaite pas faire une généralité) J’ajoute que ceci concerne même les indiens ayant beaucoup voyagé voire vécu longtemps à l'étranger. On ne se défait pas de son éducation et de l'influence de la mentalité de son milieu si facilement.
Je recommande par conséquent à toute femme occidentale de se comporter de façon très correcte, en totale adéquation avec la mentalité du pays: pas de grands décolletés, éviter de montrer ses jambes, ne pas se montrer facile...etc
Pour avoir une idée sur la façon de s'habiller et de se comporter, il suffit de regarder quelques films Bollywoodiens. Attention ! Pas ceux joués à Mumbai où les stars féminines peuvent s'habiller aussi sexy qu'en Occident, non, ceux où les femmes sont en saris, où les couples ne s'embrassent ni se dénudent mais se frôlent...
Exemples : Devdas avec Shah Rukh Khan et Ashwariya Rai, Bunty aur Babli, Kal Ho Naa Ho… (je recommande chaudement tous ces films par d’ailleurs)
D’autre part et afin de contrebalancer l'opinion que l'on peut se faire des femmes en Inde après cet article et mes commentaires, je souhaite ajouter que certaines femmes indiennes ont quand même réussit à se faire respecter.
Exemples d’une minorité de femmes puissantes:
- la présidente élue en 2007 : Pratibha Patel (et oui, c’est une présidente en Inde !!!)
- la présidente du parti du congrès: Sonia Gandhi
- Pas mal de femmes chefs d'entreprise (j'en connais personnellement plusieurs à Delhi)
...
Une fois encore, faire des généralités au sujet de l'Inde est impossible !
En toute chose est aussi son contraire. Yin / Yang. Toute qualité possède une part de défaut. En toute situation négative se révèle du positif, en toute situation positive peut se révéler du négatif...etc
Les indiens ont bien compris cela ! Ils manient l'art de la complexité, de l'apparente contradiction ou de l'apparente improbabilité avec dextérité. Ils aiment ça. On le comprend grâce à la lecture sur l'histoire de l'Hindouisme et des dieux du panthéon Hindou. Les dieux principaux j'entends. Sinon il y en a 300 millions... Oui, ça laisse perplexe et rêveur. Et non, je ne plaisante pas !
Ils sont très à l'aise avec l'absence de certitudes, de transparence, de cadre, le flou... Contrairement aux occidentaux qui ont la maladie de l'étiquette, des codes et des jugements manichéens !!!